Je m’appelle Cathy. Ou Kat, pour
Katerina. Mais tout le monde m’appelle Cathy. Il n’y a qu’Iqbal pour m’appeler Katerina
les soirs de trop plein de tout. Ou pour moraliser un peu, tenter de me ramener
sur terre. Mais moi ce qui se passe sur terre, je m’en fous un peu. Ou je
compose avec. J’ai toujours le temps pour aller scruter du coin de l’œil le
pire de la misère humaine. Sonder les âmes ne m’ennuie guère non plus, même si
au fond je suis une solitaire et que très certainement, je m’en fous un peu
aussi. Je fais très bien semblant d’être sociable alors que je rêve de vivre
recluse dans les montagnes grecques ou plus modestement sur les flancs du
Vercors. Sans en avoir rien à cirer de tout. Cela fait longtemps que je me
perds dans ma vie sans trop savoir quoi en faire. Cela fait longtemps que je
fais le bilan puisque je dois en être à ma dixième vie, vie qui recommence à
chaque fois que je me dis, ça y est, là tu as grandi et tu dois arrêter de te
comporter comme une catin. Sauf qu’à chaque fois j’oublie. Cela peut prendre
deux jours comme deux ans. Je suis cyclique. Tout cela pour dire que je m’appelle
Cathy. Kat, pour ceux qui m’aiment vraiment bien. Que les autres me sifflent.
Cela ne me dérange pas plus que le reste.