Au 92 ème actes, je commencerai à parler



Rien de plus que des actes manqués et de vaines paroles. Est-ce que je vais me taire pour autant ? Rien n’est moins sûr.  Combien encore d'actes manqués. J’essaye de grandir, de comprendre, j’étais énervée vous savez. Et puis je me suis calmée, j’ai voulu acter et je le veux encore. Je n’y suis pas parvenu. J’ai continué à baiser, moins, à boire, beaucoup, fumer, toujours, espérer, encore. Je n'ai pas encore agi et je le voudrai pourtant. 

To do list.

Passer et oser toucher ta main. Passer et, distraitement, caresser tes doigts. Profiter d’un escalier ou d’un couloir. C'est ma seule envie. Je mentirai en disant le contraire. C’est pour cela que je ne t’écris pas, parce que j’essayerai de te faire croire le contraire. Ou plutôt je t’écris mais ne te le montre pas. Plus. Et puis je me suis endormie un soir en pensant que tu voulais des actes, pas des paroles. Alors j’ai repensé à  caresser ta main  profitant d’un malentendu, j’ai pensé à en avoir le courage, j’ai pensé à ne plus avoir peur de rien, peut-être aussi parce qu’autour de nous à part quelques-uns nous étions entourées d’un tas de blaireaux. Alors j’avais moins peur qu’ils voient mon amour pour toi, je m’en foutais même, je commençais à avoir envie de le dire au monde entier. Les gens m’ont fatiguée,  pas toi. Et puis finalement, une énième fois, je n'ai rien fait de cette envie. Le post-it auquel s'ajoute chaque envie qui prend fin n'est plus assez spacieux pour toutes les recueillir.