Je veux être ton amour. Le dernier de tes phantasmes. L’endroit où je n'ai plus de chaines. Je ne veux plus souffrir ou seulement si c’est toi, sous tes doigts, je veux bien, encore, avoir mal, un peu. Si toujours tu reviens, si toujours tu pardonnes. Si tu ne m’en veux pas quand je pense que tu es un crétin. Que tu es sale. Paumé. Je veux bien de ton amour s’il ne m’éclabousse pas. S’il ne m’attache pas. Si on ne fait pas semblant. On est grand, n’est-ce pas ? Alors ne me mens pas comme un enfant. Si tu pars, va-t’en. J’ai arrêté de retenir les gens. Je n’en ai plus le temps. Je veux bien être la plus grande salope que tu côtoies, si je suis aussi la dernière.
Je ne te demande pas d’être romantique. Je ne l’ai jamais été. Je veux pas de promesses, je ne veux pas de projets. Je ne veux pas de rêves à deux. Je veux juste me réveiller un matin d’hiver, avant que le soleil ne se lève, contempler la neige sur les toits, penser que j’ai encore envie de toi, te regarder, ne rien dire, ne rien faire, remonter mes couvertures, me blottir contre toi. Remuer mon sexe encore humide contre les draps, regarder la neige, encore, attendre que tu ouvres les yeux. Me rendormir. Etre réveillée par la trique que tes rêves auraient provoquée. Tu vois, je ne te demande pas d’être romantique. Je ne le serai jamais.
Je ne veux pas de tes rêves. Je ne veux pas que tu m’aimes parce que tu me haïrais à la fin. Je pars toujours. Je ne veux pas de ton amour. Je n’en ai plus à donner. Je m’appelle Cathy, je suis une catin. Tu vois, je ne suis pas quelqu’un de bien.
Mais je veux bien essayer. Faire semblant d’être civilisée. Et si un jour je t’aime, ne le dis à personne.