Hedda



Hedda a toujours aimé le conflit. Elle-même dit à qui veut l'entendre, je n'aime pas la guerre, mais je n'ai pas peur du conflit. 

Hedda a souvent les amants que j'aurais voulu avoir. Parfois, elle les partage avec moi. Alors je goutte à la même sève qu'elle et me dis que l'on peut définitivement faire n'importe quoi, mais pas avec n'importe qui. C'est la seule règle à respecter dans le grand jeu qu'est la vie. Parce que non, la vie n'est pas un supermarché. On ne claque pas la porte à la gueule des autres comme on change de string. Non. Même dans la plus grande décadence, il y a des règles, un cadre, une limite que l'on peut franchir, certes, mais seulement avec ceux qui ont les mêmes règles, les mêmes vices que nous et qui les assument. Sans cela, nous sommes condamnés à nous bouder et à nous oublier. L'avantage avec Hedda, c'est que l'on peut faire n'importe quoi, on ne s'en voudra pas.

Hedda part au combat, mais jamais sans raison. Si l'on y regarde bien, ceux qu'elle a combattu et vaincu sont ceux qui n'avaient d'autres règles que d'emprisonner l'autre. Mais nul ne peut exister sans faire siens les principes de l'autre. On ne peut enchaîner personne, à part soi-même, à ceux qui nous auront choisi. 

C'est pour cela qu'Hedda a choisi de me prêter ses chaines. Une façon de combattre pour elle. Me refiler à baiser l'homme qui avait été jusqu'à la violer avait été une façon de s'en libérer. On peut tout faire avec Hedda. On peut tout vivre. D'elle, je crois que je peux tout accepter. Y compris d'être la résolution de ses conflits.