Confession






Là, tu t’étais rendu compte qu’elle te regardait encore. Qu’elle te guettait toujours du coin de l’œil. Comme toi tu le faisais. Tu te souviens que tu me l’avais dit toute gênée ? Rouge de honte. Et ce rouge et cette honte ne te ressemblait pas. Tu me feras toujours marrer toi. Après, elle t’a proposé de la suivre, elle voulait te parler d’un truc, c’est ce qu’elle disait. En réalité, tout ce qu’elle voulait, c’est que tu marches devant elle et qu’elle, elle passe et repasse ses mains dans ton dos. C’est tout ce qu’elle voulait. Et que tu rougisses encore. Elle te cherchait. C’est tout. Tu m’as raconté ça à moitié ivre. Et à moitié nue aussi parce qu’on était à moitié ivre, mais pour une fois, tu avais été honnête. Tu m’as dit son prénom, tu m’as dit depuis combien de temps ce jeu là durait. Tu m’as parlé d’une porte derrière laquelle elle était. Tu m’as dit ce qu’elle était, je t’ai dit de laissé tomber, tu m’as dit que s’était mort d’avance, que ce deuil là ne serait pas possible et qu’encore tu entendrais ses pas derrière cette porte et qu’à chacun de ces moments-là tu aurais toujours la même envie, poser une main sur son bras et lui dire, et si on arrêtait, à défaut de faire l’amour, ouvrons plus souvent cette porte et arrêtons de nous planquer derrière nos égo mal fichus. Je t’aime bien quand même, même sans ces je t’aime à la va-vite trop employés, même sans réciproque. Même si encore une fois, à ce moment là, je me rendrais compte qu'elle te regardait encore






Je sais que ce jour là, elle n’avait pas mis de talon. Je le sais parce que tu me l’as raconté. Elle t’a surprise. Tu es entrée. Je t’y vois bien, je suis pliée de rire à l’idée de te voir te liquéfier. Ou peut-être que ce jour là, tu as enfin eu confiance en toi. Dans les bras de cette femme là. Attachée et délivrée. Aimée, meurtrie, caressée et blessée. Mais aimée. Aimée d’un corps à corps sans corde au cou. N’importe lequel, ou pas, c’est ce que tu disais. Celui-là de corps, je sais qu’il peut me libérer. Trop d’amour à donner. C’était notre devise. Nous avions bien trop d’amour à tuer pour éteindre les braises de notre existence. Après elle, tu es devenue sérieuse. On n’a rien compris. Je sais que tu la désirais. Je le sais ça. Le reste, ce qui passait par ta tête et l’envie incessante que tu en avais, cela n’appartient qu’à toi. Même pas à elle. Et ce n’est pas moi qui décrirais ce que cette femme t’a fait. Mais je sais ce que tu es devenue après. La hache de guerre enfin enterrée. L’alcool que tu t’étais remise à boire juste quand tu tombais raide de celle d’avant. Ou de celle dans le même temps. Laquelle des deux annulait l’autre ? Tu as laissé prendre la place. Installée confortablement dans ta tête, des courbes, des poses et traits d’esprits. Après, ouais, après, on n’a pas compris. Le calme. L’envie d’arrêter les conneries. Arrêter de boire pour la dixième fois. Et ce énième regard en coin.