Comme un samedi sur Canal



En tout cas seul le programme télé aura laissé cette soirée mémorable. Le reste n'est qu'une accumulation de frustrations à la va vite évacuées. Tu sais, des fois je pense à tes fesses. Je devrais pas écrire ça, n'est-ce pas. Je les verrai bien danser. Je n’oserai peut-être même pas regarder. Je n’ai de cran que pour t'observer. Rires. On a toujours eu l'air un peu con. Non ? Je me mords un peu les lèvres là, parce que je pense à d'autres trucs aussi. Si j'avais ta tête sur mon épaule, l'odeur de tes cheveux et la chaleur que tu dégages à chaque fois que tu es à côté de moi. Et remettre de la froideur, de la distance. Tout en ne voulant qu’une chose, t’avoir plus près de moi. Tu comprends pourquoi cette lettre, je ne te la donne pas ? J'oserai pas. Pour en faire quoi sinon rien. Mais,  peut-être que rien, avec toi, ça irait déjà très bien. C'est sûr, j'aurais jamais dû l'ouvrir. Je sais, ce jour-là, y avait un trop plein et j'avais peur que tout déborde. Alors, hop, zou, j'ai tout jeté. C'est con. Très con. Des fois, et ça aussi c'est con, je sens, ou je voudrais sentir, tes mains. Sur mon ventre, juste là ça m'irait. Tes lèvres, ta langue aussi, sur mon ventre. Les miennes de lèvres, sur ton ventre à toi. Rien que ça. Ça m'irait. Pas pour prétendre t'avoir eu, pas pour prétendre t’avoir aimé plus qu’un autre, pas pour t'attacher non plus. Juste, guérir peut-être. Mal. Mais pas avec toi. Je regarde des films, y en a des mieux que d'autres. Des où il ne se passe pas grand-chose mais suffisamment pour être excitant. Tu vois, c'est à ça que je pense parfois quand je te pense à toi. Pas tout le temps, mais parfois. T'es là et moi aussi et ont fait un peu comme les gens dans les films. Mal faits, non. Faut chercher tu sais, mais on trouve et puis j'aimerais t'embrasser, c'est vrai.