Hedda m'a parlé de toi


Toi... qui soutiens mon regard quand tu me fais glisser vers le plaisir… qui me glisse à l’oreille que tout peut durer le temps que je le souhaite…  Scrutant en nos iris le point de rupture de chacun, le moment où l’un donnera à l’autre le tournis, c’est à la perfection que nous interprétons nos rôles. Sans avoir eu besoin de répéter fusent les répliques, les rythmes changeants au gré de l’excitation des corps, quel jeu d’acteur. Drôle de réplique pour une drôle de danse où tout y passe, de la bestialité à ces charmes doucereux qui sont tiens,  que je n’ai jamais connu ailleurs, charme des rôles que l’on se donne, à la violence de nos sensualités. A l’évidence je devrai jouir et pourtant cela ne vient pas, pas complètement, ouvertement et pourtant, car je refuse de laisser libre ce dernier carré, cette chasse-gardée que sont mes dons d’orgasmes comme d’autres font don de leur sang. Je n’ai que mon sexe à te donner alors prends le. La Valkyrie que je suis ne lâchera pas une miette de son territoire au tien, pas encore et pourtant j’attends, je retiens, contiens cette petite mort qui grandi à l’intérieur de moi.

Et puis, insultée, humiliée, réduite à rien, comme j’ai aimé désespérer de toi. Hurler de plaisir, quand toi tu grognes les mots les plus avilissants. Prise à en pleurer sous les coups. Brûlée, consumée, parfaitement incendiée. Réduite en cendres. Oui mon amour, je t’ai aimé et ce fut trop. Je ne plus faire n’importe quoi avec toi. J’en suis devenue n’importe qui, n’importe quel trou, n’importe quelle balle pourrait me transpercer, ce serait toujours toi dans ces jeux là. Tu vois, là, je n’en peux plus je crois.