Vous connaissez Joe Hill ? Non. Très bien. Vous connaissez Louise Michel ?
Non. Très bien. Vous connaissez Isadora Duncan. Non. Très bien. Peu importe.
Sinon, vous vous souvenez des enfants ? Les enfants ? Oui, oui, avec leur joues joufflues et leurs yeux plein de brillant ? Celui là même qu'on s'empresse parfois de leur enlever à grands coup de dents.
Excusez moi mais... Non. Non, je ne vous excuse pas, laissez moi
poursuivre, donc coup de dents, coups de couteaux aussi et puis coup de bite
aussi, de temps en temps. Parce qu'il faut bien que les enfants deviennent grands, n'est-ce pas ?
Vous me direz “queuement”, je vous dirais “dedans." Au-dedans des enfants, parce que les grands sont vraiment cons, bêtes et méchants. C'est ce que vous voulez dire depuis le début ? S'il n'y avait
que cela, croyez-moi, je ne serai peut-être pas venue. Je ne perdrais pas mon
temps à courir après la douceur de l'enfance. c'est pris, c'est fini, foutu, c'est perdu. Je suis venue parce qu'on m'a pris ce qui m'en restait quand j'ai grandi.
On m'a mise à genou, maintenant pour tenir encore un peu debout, c'est moi-même qui
m'agenouille, partout, pour tous, cela m'évite de choisir, de trop réfléchir
je prends qui passe, tant pis si c'est mon corps ou mon semblant de coeur qui y
passe. Je m'en contre fous, au moins c'est à moi.
Pas comme le rire des enfants
que j'entends encore me remuer, me remuer, me remuer, me remuer et de nouveau,
encore, encore et encore, me faire aller là où les enfants ne
doivent pas aller pourtant. Pardonnez-moi, pour une fois je m'excuse, mais bref. En bonne petite fille bien élevée, je vous
salue monsieur, dîtes bonjour à madame. Merci, au revoir.