Je suis un bon chien. Je cours
derrière mon maître. Je marche derrière lui. Je fais oui ou non de la tête. Et
quand c’est non, je fais comme si c’était oui et me tais. Je me terre très bien
dans les silences, face à l’incandescence de tes yeux, qu’ils brillent ou me
fusillent. Je me terre très bien dans les silences. Ils sont confortables. Ils
me rassurent. Chaque mot, chaque pas, chaque regard est un risque. Le risque de
trébucher, de mal faire, mal dire. Alors je me terre et j’espère. Je suis
fidèle. Soumise. Je suis un bon chien. Mais c’est uniquement parce que je pense
avoir un bon maître.